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Une accidentée de la route!
Maggy est une femelle labrador âgée d’un an. Comme bien des
représentantes de sa race, Maggy déborde de joie de vivre et d’exubérance, mais
démontre un peu d’indiscipline. Ainsi, lorsqu’elle aperçut les enfants de
l’autre côté de la rue, elle s’élança à leur rencontre sans réfléchir. Le
voisin, au volant de son automobile, tenta de l’éviter…
L’accident venait tout juste de se produire. Maggy était
couchée à plat ventre, tremblante, dans la salle d’examen. Ses gencives étaient
pâles comme du lait, sa respiration était haletante et sa fréquence cardiaque
beaucoup trop rapide. Je l’ai mise debout pour la forcer à marcher car il était
important pour moi d’éliminer la possibilité de fractures. Maggy marchait et je
n’ai pas insisté plus longtemps car elle avait terriblement mal au ventre.
Maggy avait plusieurs lacérations sur les pattes, du sang à l’examen rectal,
des traces de pneus derrière les côtes et pire encore : deux gigantesques
plaies béantes au bas-ventre!!
Quelques secondes plus tard, Maggy recevait de l’oxygène,
des antibiotiques pour ses plaies et une bonne dose de morphine pour soulager
sa douleur. Un médicament pour traiter l’état de choc était rapidement infusé
dans sa veine par un cathéter.
Maggy n’était pas au bout de ses peines. Il y avait eu
déchirure au niveau de ses poumons et l’air qui s’en échappait était visible
sur les radiographies. Son foie avait été écrasé sous les pneus de l’automobile
et notre appareil pour les analyses sanguines n’arrivait même pas à lire
certains paramètres tellement les dommages étaient sévères. Une chirurgie était
requise pour suturer ses plaies mais l’anesthésie était beaucoup trop risquée
étant donné son état très critique.
Ce soir là il fut question d’euthanasie!! Pour des raisons
humanitaires car Maggy souffrait atrocement et pour des raisons de pronostic
car j,étais incapable de prédire si son foie endommagé pourrait guérir. Mais
devant les grands yeux tristes de Maggy, ses propriétaires, les larmes aux
yeux, décidèrent de tenter l’impossible.
Nous avons installé un timbre de morphine sur le thorax de
Maggy pour lui permettre de recevoir de l’analgésie en permanence. Nous avons
ensuite nettoyé les plaies et posé temporairement des agrafes pour refermer
partiellement les trous de son abdomen. De l’hydrothérapie suivie de bandages
fut poursuivie pendant son séjour aux soins intensifs. Des équipes de
techniciens (nes) se sont relayées à son chevet, même le dimanche. Cinq jours plus
tard, ses poumons étaient guéris et son foie commençait à se régénérer
suffisamment pour envisager une anesthésie pour suture des plaies.
La chirurgie fut longue et difficile. Les plaies étaient
d’une telle grosseur que je pouvais entrer mes deux poings dans chacune d’elle.
J’y ai mis plus de deux longues heures car il y avait beaucoup de tissus
dévitalisés et la dissection était délicate. Mais j’étais heureuse car je
sentais que nous avions pris la bonne décision et que Maggy n’avait pas
souffert inutilement.
Dix jours plus tard, c’était le retrait des points de
sutures et j’attendais Maggy avec une pointe d’appréhension. Lorsque je vis la
tornade brune entrer dans la clinique en tirant sur sa laisse, lorsque je vis
la plaie parfaitement guérie, lorsque je vis le sourire illuminé de ses
propriétaires, je me suis dis que la médecine vétérinaire était la plus belle
profession au monde!!!
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