La capture d’un perroquet fugitif

       

      Par Mattie Sue Athan

      Traduit et adapté par Mme Céline Wandowska de l’Oisellerie Papugi

       

      Mattie  Sue Athan est une conférencière connue; elle l’auteure d’excellents livres  (en anglais hélas!) Guide to a well behaved parrot  et Guide to companion parrot behavior que je recommande à tout propriétaire de perroquet soucieux de la bonne éducation de l’oiseau …et de son maître.

      J’au eu le plaisir d’assister à sa conférence, à Toronto, au symposium, en 1997, où elle a abordé le douloureux sujet de la perte d’un perroquet fugueur. J’ai déjà vécu ce drame et cette conférence m’a appris beaucoup de choses que je désire partager avec vous aujourd’hui, d’autant plus que le printemps est à nos portes….enfin! J’ajoute que Mme Athan a permis de reproduire son article sur ce sujet, dans le but d’éduquer le plus de gens possible et à les encourager à essayer de capturer les oiseaux échappés.

      Quoi de plus déchirant que de regarder, impuissant, notre compagnon aimé s’envoler dans le ciel?

      En un tel moment, malgré les émotions qui se bousculent, le cœur qui bat à tout rompre, stimulé par des déferlantes d’adrénaline, il est important de garder la tête froide et d’agir rapidement.

       

      Ne perdez pas l’oiseau de vue; un perroquet dépendant de l’humain viendra éventuellement vers quelqu’un; si le propriétaire est présent, c’est vers lui qu’il ira : l’été dernier, une perruche calopsitte s’est littéralement jeté d’un arbre, dans les mains d’un ami lorsque celui-ci a sifflé une mélodie.

       

      Les premières 48 heures

      Dans le centre des États-Unis, un perroquet échappé aura besoin de quelques jours pour repérer des sources de nourriture et d’eau. Il restera d’abord sur les lieux en décrivant des cercles de plus en plus grands vers la droite. Le moment le plus propice pour la capture de l’oiseau, est avant que celui-ci apprenne à s’approvisionner; en 48 heures, le fugitif devrait être bien affamé et plus enclin à venir vers son maître si celui-ci peut s’en approcher.

      La capture est grandement facilitée si l’escapade a eu lieu avant la repousse des plumes qui avaient été taillées.

       

      L’oiseau leurre

      Il peut aussi être utile de se servir d’un autre oiseau qui, par ses cris, attirera le fugitif et le gardera dans le voisinage. Cet oiseau-leurre sera, bien entendu, à l’abri des rapaces, des chiens et des chats ainsi que des autres prédateurs possibles, dans une cage placée bien en vue. Ce scénario fonctionne bien avec les petits perroquets du type perruche ondulée, calopsitte, etc. Une petite cage est placée dans une cage plus grande dans laquelle entrera, on l’espère, l’oiseau vagabond.

       

      La nourriture

      Les grands perroquets comme les amazones, les aras seront parfois attirés par la nourriture jusqu’à monter sur une main offerte. Gardez une mangeoire bien exposée sur un drap blanc et  placez-y les gourmandises favorites de l’oiseau.

       

      La jalousie est un leurre des plus efficaces; en effet, un oiseau très lié à son maître peut parfois descendre vers lui pour garder son exclusivité. Le scénario suivant a été joué et a obtenu les résultats escomptés : le propriétaire de Coco se place sous l’arbre où s’est réfugié le fugueur et donne des gâteries, à un rival de préférence; il faut de la patience, mais cela peut marcher…

       

      Heure…..Les perroquets, surtout les grands, se déplacent habituellement à l’aube et au crépuscule; il faut donc profiter de ces deux moments pour essayer de les capturer. Ces mêmes oiseaux, peu expérimentés dans le vol, surtout à haute altitude, peuvent ne pas savoir comment s’y prendre pour descendre. Il leur est plus facile de grimper vers un appât.

       

      Grimpez

      Il faut alors grimper à son tour et rejoindre l’oiseau dans l’arbre, aussi haut que la sécurité le permet, en prenant garde de ne pas entrer en contact avec les fils électriques.

      Si la chance st de votre côté, vous redescendrez, sain et sauf, avec votre fugitif frustré et peu enclin aux caresses. Ayez donc une bonne serviette de bain ou une taie d’oreiller sur votre épaule, comme si elle faisait partie de votre vêtement plutôt qu’un instrument de capture; montez dans l’arbre avec la gourmandise favorite de votre chéri pendant qu’en bas, au pied de l’arbre, les membres aimés ou haïs du perroquet se donnent en spectacle, en mangeant bruyamment, avec force et cris de satisfaction les mêmes gourmandises. Vous-même, mangez quelque chose de croquant et mastiquez ostensiblement pendant votre ascension vers le fugitif. Oubliez les bonnes manières, faites-lui voir et entendre comme ce que vous mangez est bon pour l’inciter à venir goûter à son tour.

       

      Guidez 

      Vous pouvez aussi frapper sur le tronc d’arbre avec une branche; les vibrations et tout le scénario précédant guideront peut-être Coco vers vous…

       

      Une chance

      Il est possible que vous n’ayez qu’une seule chance de le capturer, exploitez-là; n’hésitez pas à faire tout ce qui vous semble sécuritaire pour l’oiseau  et pour vous et, une fois que vous l’avez sur la main, ne le laissez pas partir même au risque d’une morsure…À la guerre comme à la guerre. Vous finirez peut-être avec un bleu ou du sang, mais votre objectif n’est-il pas atteint?

      N ‘en vaut-il pas la chandelle? Le bonheur, le soulagement d’avoir récupéré Coco vous feront vite oublier vos petits bobos.

      Avant de descendre, enveloppez le vagabond dans la serviette de bain (ou placez-le dans la taie) le plus vite possible; assurez-vous que vous le contrôlez tout à fait.

       

          Autres conseils

       

      L’eau

      N’essayez pas d’arroser l’oiseau au boyau pour l’empêcher de voler. Cette méthode est rarement efficace, sauf peut-être sur des oiseaux aux grandes plumes tendres (les jeunes cacatoès par exemple). En plus, si vous ne pouvez approcher l’oiseau à moins de 2 ou 3 mètres, vous allez simplement le mouiller et il restera dans l’arbre à grelotter (par temps froid) risquant de tomber malade.

      Par contre, les boyaux à forte pression peuvent être utiles pour diriger un oiseau vers un endroit plus accessible. Bien sûr, il faudra alors diriger le jet vers la queue et non la tête de l’oiseau pour éviter de le tuer.

       

      Privé

      Lorsque vous pénétrez sur une propriété privée, prévenez les propriétaires et engagez, si possible, quelqu’un à grimper à votre place, en se servant d’un équipement adéquat à la situation.

      N’oubliez pas les implications légales rattachées à toute activité qui se passe sur un terrain qui n’est pas le vôtre.

       

      Haute tension

      Soyez particulièrement prudent aux abords des lignes à haute tension. Un oiseau qui touche à une ligne électrique n’est pas en danger aussi longtemps qu’il ne touche pas la terre. S’il attrape votre main et que vous êtes connectés à la terre, ce sera l’électrocution pour vous deux…

       

      Fatigue

      Évaluez votre niveau de fatigue, reposez-vous et mangez, mais n’abandonnez pas. Même si la température est sous le point de congélation, Coco ne tombera pas raide mort parce qu’il a passé une nuit dehors.

       

      Déshydratation

      Préparez une réserve de Pédialyte et/ou un rendez-vous immédiat chez votre vétérinaire au cas où l’oiseau serait déshydraté. Ne le laissez pas boire trop et trop vite…il pourrait tomber en convulsions.

       

      Pour éviter tous ces tracas, soyez prévoyant: si vous n’êtes pas capable de surveiller les allées et venues, les portes et les fenêtres de la maisonnée…..taillez les plumes des ailes de Coco pour l’été.

      Préparez-vous…

      N’abandonnez jamais...

     

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